La mort prématurée de Mario Pietrantoni
Enrica Belli
La giovane morte di Mario Pietrantoni
Frassinelli
Synopsis
Mario était encore un enfant, et il avait déjà la réputation d'être à la fois un saint et un mauvais garçon. Surtout, il avait des idées bien arrêtées. Il ne voulait pas de la vie de ses parents. Des gens honnêtes, certes, mais qui s'épuisaient aux champs. Il voulait mieux pour lui, qu'au moins leur dur labeur soit récompensé. Alors, le jour où il entendit parler de certains messieurs qui, en faisant des courses cyclistes, gagnaient jusqu'à cinquante mille lires par course – comme ce Girardengo dont tout le monde parle – il n'eut plus qu'une idée en tête. C'était forcément son destin. Et Grand-mère Antonia, une vraie femme, l'avait compris. Elle savait que ce garçon ferait la fierté de la famille. C'est pourquoi, un jour de février, elle lui laissa un vélo flambant neuf à la cave. Et, kilomètre après kilomètre, Mario devint champion. Adoré, courtisé, la fierté du village. Alors pourquoi a-t-il fini par mourir à la campagne comme tant d'autres malheureux ? Un accident ? Ou la jalousie de quelqu'un qui attirait trop les femmes ? Ou un avertissement : on ne peut pas tourner le dos au Parti ? Quelle tâche ingrate pour le commissaire Gregorio Linguiti, en quête de vérité ! Lui qui aimait Mario comme un fils se retrouvait confronté à l’enquête la plus douloureuse de sa vie.
Avis
Davide Camoirano
Lycée scientifique Vasco, Mondovì, classe II A
Le mal n'a pas besoin de nobles raisons.
Voilà, à mon sens, l'essence de l'histoire de Mario Pietrantoni, un garçon qui, grâce à son talent exceptionnel, se distinguait des autres, mais dont la vie fut brutalement interrompue à son apogée.
Mario, fils de paysans, avait un tout autre destin : il serait devenu cycliste et aurait remporté de nombreuses victoires. C'est ce que Mario désire, et dès qu'il reçoit son premier vélo de course, il enchaîne les kilomètres, et avec eux viennent ses premières victoires, ses premiers triomphes. Au sommet de sa carrière, pourtant, Mario est assassiné, et l'enquête est confiée à Gregorio Linguiti, un inspecteur qui a toujours considéré le jeune homme comme le fils qu'il n'a jamais eu.
Le récit de la vie de Mario Pietrantoni alterne avec l'enquête de Gregorio, et ce parallélisme narratif a éveillé en moi une certaine curiosité de découvrir qui était le meurtrier de Mario et pourquoi il a été tué. Il y a ensuite l'histoire de Carlo, le père du protagoniste, un homme faible et incapable de s'affirmer, qui se suicide après que son fils, pour qui il avait fait tant de sacrifices et grâce à qui sa vie n'avait pas été si insignifiante, lui a tourné le dos.
Le récit s'enrichit également des histoires d'autres personnages, comme celles de Carlo et de sa grand-mère Antonia, la propriétaire de la maison des Pietrantoni, dont les décisions sont incontestables, ou encore celle de Caterina, pour qui Mario aurait fait on ne sait quoi. De plus, l'auteur narre la vie de Gregorio qui, grâce à son regard aiguisé et à sa culture, analyse avec brio les conditions de vie et les pensées des habitants de la ville natale de Mario, apportant ainsi une perspective critique au roman.
Je reproche toutefois à l'auteur la récurrence excessive des monologues intérieurs qui, s'ils parviennent à donner de la personnalité aux personnages, alourdissent le récit et le rendent trop centré sur des réflexions personnelles.
Globalement, c'est un roman qui, dans sa simplicité, a su saisir de nombreux aspects de la vie de l'époque, nous faisant comprendre le mal qui se cache dans l'histoire et qui persiste encore dans la société actuelle, même si celle-ci a évolué, tout comme la mentalité des hommes.
Cecilia Giraudo, Francesco Regolo
Service civil national, Bibliothèque civique de Cuneo
Mario Pietrantoni ne souhaite pas la vie de ses parents, une vie honnête mais faite de labeur et de difficultés. Il aspire à une vie meilleure et, lorsqu'il découvre que les cyclistes gagnent jusqu'à cinquante mille lires par course – comme le Girardengo dont tout le monde parle –, il n'a plus d'autre idée en tête. C'est sans doute sa vocation. Mais alors qu'il semble avoir réalisé son rêve, qu'il a connu la gloire et les victoires, qu'il est admiré et honoré par toute la ville, Mario est retrouvé sans vie le matin du 28 juin 1931. Que s'est-il passé ? Un accident ? La jalousie de quelqu'un à cause d'un garçon qui plaisait aux femmes ? Ou un mobile politique ?
C'est au commissaire Gregorio Linguiti, qui considérait Mario comme un fils, qu'il revient d'enquêter et de découvrir la vérité.
Enrica Belli construit son roman sur deux niveaux narratifs distincts et alternés. D'un côté, nous suivons la vie de Mario Pietrantoni, ses rêves et ses relations avec sa famille de paysans modestes, sous l'égide de sa grand-mère Antonia. C'est elle qui offre à son petit-fils son premier vélo, encourageant ses rêves de gloire et de richesse, mais suscitant l'envie de son père, qui s'est toujours senti délaissé dans son rôle de chef de famille. De l'autre côté, nous assistons à l'enquête menée par le commissaire Linguini qui, après avoir exploré diverses pistes, s'être heurté à l'hostilité du maire et du parti fasciste, et avoir rencontré deux confesseurs inattendus, trouve l'élément décisif qui le conduit à la douloureuse résolution de l'affaire.
Ce roman narre les aventures de Mario et l'enquête sur sa mort, mais qui, en toile de fond, esquisse également l'histoire de l'Italie sous le régime fasciste. À travers des descriptions d'horizons clairsemés, de campagnes jaunes et vertes, de poussière et de terre, l'auteur nous montre, comme l'écrit Michela Murgia, un pays « qui n'existe plus. Mais la violence qui l'a dévasté n'a jamais disparu. »
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