La République des Papillons
Matthieu Corradini
La repubblica delle farfalle
Rizzoli
Synopsis
Terezín se trouve en République tchèque. Fondée à la fin du XVIIIe siècle comme ville fortifiée, elle devint, pendant la Seconde Guerre mondiale, un camp de détention pour les Juifs destinés à l'extermination. 155 000 personnes y furent incarcérées. Seulement 3 807 d'entre elles rentrèrent chez elles après avoir été déportées à Treblinka, Auschwitz-Birkenau et dans d'autres camps de concentration du Reich. Environ 15 000 enfants et adolescents vivaient dans le ghetto ; à la fin de la guerre, il n'en restait plus que 142. Terezín avait tout : des maisons, des rues, de la musique, un théâtre. L'absence de liberté était une honte. Les SS patrouillaient le ghetto jour et nuit. Il y avait des fusillades, du sang dans les rues. De temps à autre, quelqu'un tentait de s'échapper sans succès ; les familles étaient séparées et tentaient par tous les moyens de rester en contact. Chaque vendredi soir, un groupe de jeunes se réunissait secrètement à la lueur d'une bougie pour créer un journal appelé Vedem, signifiant Avant-garde. Il recueillait les dernières nouvelles : arrivées, départs vers leur destination finale, mais aussi poèmes, dessins et interviews. C'était leur façon de lutter, de s'accrocher à la volonté de survivre. De nombreuses pages du journal Vedem sont aujourd'hui conservées au Mémorial de Terezín. Matteo Corradini s'est servi de ces documents pour raconter une forme de résistance extraordinaire.
Avis
Stefano Toscano
Lycée linguistique Vasco Mondovì, 4e classe Esa
« On ne peut même pas avoir peur des cauchemars : le trouble, à Terezín, ne commence que lorsqu’on ouvre les yeux. »
Rares sont les livres capables de prendre le lecteur par la main et de l'entraîner dans un voyage à la fois fantastique et poignant. Matteo Corradini va plus loin, nous plongeant au cœur de la ville fortifiée de Terezín, en République tchèque, aux alentours de 1943. Il nous abandonne dans la peau d'un jeune Juif, prisonnier du ghetto de ce camp de concentration nazi, et nous laisse à la merci d'un torrent d'événements prêts à nous engloutir.
Avec nos jeunes amis, nous vivons des expériences multiples et suivons l'histoire de « Vedem », l'un des journaux clandestins nés de l'espoir de la jeunesse, une fleur qui éclot d'une terre imbibée du sang des victimes du Troisième Reich et qui est au cœur même du récit.
L'auteur nous permet de nous glisser aisément dans la peau du protagoniste, grâce à son style inventif, qui évoque le flux de conscience joycien, et à l'anonymat complet du personnage, un choix jamais explicite et qui ne nuit en rien à la fluidité de l'écriture, du début à la fin.
Le lecteur parcourt un long couloir jalonné de petits épisodes du quotidien, éprouver à chaque fois des émotions différentes : de la colère face à une énième injustice à la sérénité d’un rendez-vous galant qui protège la rédaction, jusqu’à la catharsis finale.
Recommandé sans réserve à tous les passionnés de lecture et à quiconque souhaite découvrir un récit d’espoir original et différent.
Cloe Curcio
Lycée linguistique Vasco Mondovì, 4e classe ESA
« Il était une fois, dans un royaume lointain, un endroit étrange où tous les papillons étaient blancs »…
Tout commence par une ampoule et quelques enfants réunis autour d'une table dans la nuit noire. Dehors, le silence et la tranquillité règnent. On croirait presque une image idyllique. Pourtant, la vie des enfants juifs de Terezín, cette ville fortifiée où ils sont enfermés et voués à l'extermination, est loin d'être joyeuse. Ces jeunes, nés pendant la Seconde Guerre mondiale au sein de cette communauté alors persécutée, racontent leur vie dans le ghetto à travers le regard d'un narrateur anonyme. Ils nous parlent de cruauté et de violence, d'injustice et de souffrance. Seuls, sans foyer ni famille, ils seraient broyés par le système nazi destructeur sans leur détermination à ne pas céder. C'est pourquoi, chaque vendredi soir, ils se réunissent dans leur baraque L417, le foyer des enfants, pour écrire ce qu'ils voient et ce qu'ils entendent. Ainsi est né « Vedem », Avanguardia, le magazine qui présente des articles et des dessins sur la vie dans le ghetto, racontée du point de vue des enfants. C'est une façon de résister, de continuer à vivre. C'est le recueil de toutes les voix du ghetto, « peut-être fragiles et faibles, mais c'est une voix qui s'élève contre les gardes, contre les nazis qui continuent de parler de nous au passé, comme si nous n'existions plus ».
De mars 1943 à novembre 1944, nous suivons le quotidien des enfants de Terezín, raconté avec intensité et réalisme. Nous vivons leur emprisonnement avec eux, nous assistons, à travers leurs yeux innocents, aux meurtres et à la violence gratuite des gardes. Nous sommes brutalement plongés dans un monde où le mot « pitié » n'a plus de sens, où le gris est la couleur dominante. Mais l'étincelle de rébellion, qui culmine ensuite dans le refus de céder au désespoir face à la cruauté nazie, nous relie par un fil aussi subtil que ténu aux enfants et à leur magazine. Impossible de ne pas admirer leur courage, leur force d'âme.
Le style de Corradini est captivant ; son écriture à la première personne nous permet de nous identifier au personnage. Son style narratif vise à immerger le lecteur dans des émotions et des situations précises, grâce à une maîtrise remarquable des techniques d'écriture créative.
La lecture est agréable et fluide. Après quelques pages où il est difficile de se repérer, l'histoire se dévoile peu à peu. Entre rêves et réalité, expériences et récits, nous pénétrons progressivement dans l'univers terrible du ghetto. L'auteur brosse un tableau saisissant de ce que devait être la vie dans ce lieu terrible, et pourtant si réel. À partir d'exemplaires de « Vedem », aujourd'hui conservés au Mémorial de Terezín, il relate cette épopée extraordinaire avec une sincérité bouleversante. Aussi simple qu'elle puisse paraître au premier abord, elle révèle le courage et la détermination exceptionnels de ses protagonistes. Cette œuvre marque profondément le lecteur qui, même s'il souhaite se bercer d'illusions et croire à une amélioration de la situation, sait qu'elle est impossible. Avec un réalisme dramatique, le récit ne fait jamais d'édulcoration ni de simplification. Le protagoniste est un enfant qui aurait pu exister. C’est peut-être précisément ce qui fait de « La République des Papillons » un livre qui mérite d’être lu : pour ne jamais oublier ce qui s’est passé.
Stefano Toscano
Lycée linguistique Vasco Mondovì, 4e classe Esa
« On ne peut même pas avoir peur des cauchemars : le trouble, à Terezín, ne commence que lorsqu’on ouvre les yeux. »
Rares sont les livres capables de prendre le lecteur par la main et de l'entraîner dans un voyage à la fois fantastique et poignant. Matteo Corradini va plus loin, nous plongeant au cœur de la ville fortifiée de Terezín, en République tchèque, aux alentours de 1943. Il nous abandonne dans la peau d'un jeune Juif, prisonnier du ghetto de ce camp de concentration nazi, et nous laisse à la merci d'un torrent d'événements prêts à nous engloutir.
Avec nos jeunes amis, nous vivons des expériences multiples et suivons l'histoire de « Vedem », l'un des journaux clandestins nés de l'espoir de la jeunesse, une fleur qui éclot d'une terre imbibée du sang des victimes du Troisième Reich et qui est au cœur même du récit.
L'auteur nous permet de nous glisser aisément dans la peau du protagoniste, grâce à son style inventif, qui évoque le flux de conscience joycien, et à l'anonymat complet du personnage, un choix jamais explicite et qui ne nuit en rien à la fluidité de l'écriture, du début à la fin.
Le lecteur parcourt un long couloir jalonné de petits épisodes du quotidien, éprouver à chaque fois des émotions différentes : de la colère face à une énième injustice à la sérénité d’un rendez-vous galant qui protège la rédaction, jusqu’à la catharsis finale.
Recommandé sans réserve à tous les passionnés de lecture et à quiconque souhaite découvrir un récit d’espoir original et différent.
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