Chaque souvenir est une fleur
Luigi Lo Cascio
Ogni ricordo un fiore
Feltrinelli
Synopsis
Le voyage en train Intercity de Palerme à Rome est lent, un voyage hors du temps, ponctué d'arrêts fréquents en gare, de passagers qui montent et descendent, bavardent, se chamaillent, s'endorment, ou, lors de la traversée du détroit de Messine, jettent de vieux objets à la mer. C'est à cause de cette lenteur que Paride Bruno a choisi de reprendre le train qu'il avait emprunté vingt ans plus tôt, enfant, pour savourer la vie qui gravite autour de ces longs trajets – le couple sicilien se disputant autour d'une grille de mots croisés, la jeune fille solitaire et apeurée en quête de compagnie, le garçon au regard intelligent – et, surtout, pour prendre le temps de relire le gros dossier qu'il emporte avec lui. Il contient ses nombreuses tentatives de roman, toutes interrompues au premier arrêt, car Paride Bruno s'est essayé à tous les genres et à tous les styles, sans jamais parvenir à en choisir un, à achever son œuvre et, ainsi, à se qualifier d'écrivain. « Je suis un exemple typique de la façon dont l’esprit incertain et schizophrénique de notre époque opère si insidieusement, si bien que, même en vivant une expérience, je me sens cerné par tout ce que je perds à cet instant précis. Et je migre. Je transmigre. » Mais ces mêmes débuts finissent par esquisser avec précision la figure du protagoniste : chaque incipit renferme un fragment de sa vie, ses obsessions, ses peurs et ses désirs. Chaque souvenir est une fleur. Pas à pas, entre conversation et rêve, incipit après incipit, Paride Bruno semble se réconcilier avec son incomplétude, avec ce « frémissement de pages éparses » qui est, en fin de compte, la vie elle-même.
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